Je mange durable en automne – recettes écologiques

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Légumes d'automne

L’alimentation durable est quelque chose qui m’intéresse beaucoup, comme j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog.

Une des clés pour adopter une alimentation durable est de consommer des fruits et légumes locaux et de saison. Mais, si on sait assez bien profiter des produits estivaux, beaucoup de gens grimacent à l’arrivée de l’automne ou se retrouvent penaud, ne sachant que faire de ces énormes choux ou ces topinambours avec une drôle de forme.

Je vous fait donc cet article, au commencement de l’automne, pour découvrir les fruits et légumes qui nous ferons l’honneur de leur présence entre octobre et décembre – ainsi que quelques manières très simples de les préparer !

Calendrier des fruits et légumes d’automne

Légende :
* Attention à la provenance : il existe une production française (métropole), mais les étalages sont envahis d’homologues étrangers.
** Fruits importés de l’étranger ou des Dom Tom.

Ce calendrier vaut pour la France métropolitaine.
Malgré ce qu’on peut penser, les kiwis vendus de novembre à mai sont produits dans le Sud-Ouest de la France !

Le meilleur moyen de ne pas se tromper sur les fruits et légumes de saison est de faire ses courses au marché ! Surtout si vous avez la chance d’avoir des maraîchers locaux, ayant adopté une agriculture raisonnée ou biologique, des AMAP ou des coopératives de producteurs. Dans tous les cas, vérifiez bien la provenance de l’aliment avant de l’acheter. Dites non aux produits espagnols, souvent produits de manière intensive, sous serre et en monoculture (oui, même pour les aliments estampillés biologiques !). Préférez le maraîcher du coin et, si vous avez un doute sur la saison, demandez si cela a été produit sous serre.

Un aliment produit sous serre chauffée émet en moyenne 10 fois plus de gaz à effet de serre qu’un aliment produit hors serre ! (d’après l’ADEME)

Les stars de l’automne et comment les cuisiner

Le céleri-rave

Le céleri-rave, un aliment boudé, méconnu, et pourtant délicieux ! Une saveur délicate se cache derrière les odeurs inhabituelles qu’il montre aux débutants. Il se marie à merveille avec une touche crémeuse, adoucissante en goût. Il se cuisine souvent dans le célèbre coleslaw, mais peut se décliner en bien d’autres façons. Poêlé, au four, en purée ou soupe, etc. C’est en purée que je le préfère personnellement, adouci avec une pointe de fromage de chèvre et un morceau de betterave… Un délice ! Vous profiterez alors pleinement de sa teneur en vitamine K et de son effet protecteur sur les os.

Son seul défaut ? Il faut du courage, un bon couteau et de l’huile de coude pour le préparer, l’éplucher et le couper en morceaux ! Mais vous verrez, ça vaut le coup.

Les choux

Chou-fleur, chou de Bruxelles, chou rouge, chou frisé, chou vert… Mais qu’allons-nous faire de tous ces choux ?? Nous régaler évidemment ! Rendez-les plus digeste par une bonne cuisson et une pincée de bicarbonate dans l’eau de cuisson. Vous pourrez alors enfin profiter de tous leurs bienfaits : vitamine C antioxydante, fibres, vitamines E et même… Calcium ! Préférer les choux pour renforcer vos os, meilleurs que les produits laitiers pour la planète, mais également pour votre santé.

Choux d'automne variés

Quant à la préparation, on peut laisser aller notre imagination et, au moins, on est sûrs de ne pas se lasser ! Le chou rouge se fait le plus souvent cru, en salade, mais peut également se consommer cuit. Il donnera alors une drôle de couleur bleue à l’eau de cuisson. Le chou-fleur et le chou de Bruxelles sont délicieux rôtis au four. Ajoutez une touche de miel aux choux de Bruxelles, pas simplement pour la rime, mais aussi pour le goût adouci et la dorure élégante qu’ils prendront. Le chou-fleur permet quant à lui de faire des soupes onctueuses voire des sauces d’accompagnement ou des tartinades. De plus en plus, il a sa place dans la cuisine healthy au sein de taboulés, pâtes à tarte, risottos, etc. Pour les personnes souhaitant limiter leur apport de glucide ou pics d’insuline. Il a un goût vraiment tout doux, à relever avec une pointe de citron et de poivre, dont vous auriez tort de vous priver. Surtout, ne jetez pas ses feuilles, qui auront une place de choix au sein d’un cake, voire, si elles sont tendres, en poêlée automnale.

Les feuilles d’épinard

Encore un aliment qui nous rappelle de bons souvenirs d’enfance… Dépassez vos a priori et lancez-vous sur ces feuilles d’automne qui, elles, ont gardé leur belle couleur verte. Si on les consomme volontiers en salade au début de la saison, on se penchera rapidement vers la version cuite quand les feuilles deviennent moins tendres. À ce moment-là, pas d’abus sur la cuisson sous peine de perdre tous les bienfaits. Contentez-vous de les faire tomber à la poêle quelques minutes, avec une gousse d’ail plantée sur la fourchette, en mélangeant en continu, pour les parfumer délicatement. Sinon, blanchissez-les à l’eau salée et rincez-les immédiatement après à l’eau froide pour fixer la chlorophylle. S’ils ne sont pas couverts de pesticides (demandez conseil à votre maraîcher ☺), pourquoi ne pas garder l’eau de cuisson, concentrée en minéraux, pour une soupe ou un bouillon ?

Les courges

Le potiron, le butternut et leurs amies les courges ne devraient pas être oubliées de votre cuisine ! Leur chair moelleuse et délicatement sucrée est réconfortante et réchauffante. La couleur orange est signe d’une concentration en vitamine A : le potiron vous donnera une bonne mine et un teint coloré – contrastant avec le ciel gris. À noter que vous pouvez en général manger la peau des courges, concentrée en nutriments et fibres.

Soupe courge potiron avec les graines
Et avec les graines s’il vous plaît !

Une purée bien onctueuse ou un crumble salé avec du chèvre, ce sont mes manières favorites d’accommoder les courges. Laissez aller votre imagination à la préparation de poêlées, avec des champignons et quelques herbes, ou même des quiches ou des flans. La courge cuite ajoute du moelleux au moelleux !

Une autre astuce anti gaspillage : les graines se mangent. Oui oui, les graines de courge quoi. Récupérez les graines lorsque vous préparez votre courge, rincez-les soigneusement et étalez-les sur une plaque, bien séparées. Laissez sécher quelques jours. Vous pouvez alors les conserver telles quelles ou alors les faire revenir sans matière grasse, à la poêle, avec une portion généreuse d’épices : curcuma et cumin par exemple.

Le topinambour

Promis, ce n’est pas un gros mot. Le topinambour, bien que méconnu, reprend sa place petit à petit sur nos étals.

Un légume d’antan au goût unique et surprenant… Ses courbes originales imposent une gymnastique habile pour l’éplucher, mais il se laisse ensuite découper, en cube ou en tranche. Il réchauffera ensuite avec plaisir sa chair blanche à la poêle, dans un fond d’huile chaude. Meilleur ami gustatif du champignon, il lui laissera une place de choix dans son sauna personnel. Bon vivant, il accueille aussi la carotte ou le panais – compatissant pour cet autre légume oublié. Pour la touche finale, il se couvrira d’une pluie de persil frais ou congelé. Et vous vous délecterez sans culpabilité de ce met oublié à tort.

Le radis noir

Le radis noir est connu pour ses propriétés « detoxifiantes », car il nettoie le foie et lui redonne un fonctionnement efficace. Malgré son goût puissant, accompagné d’un piquant léger et caractéristique du radis, il se consomme plutôt cru. Profitez de son croquant en l’incorporant à des salades, en le râpant au-dessus d’une assiette de riz ou d’une autre céréale, ou pourquoi pas en fin de cuisson d’une poêlée de légumes.

Mon conseil ? Épluchez-le, faites en des tranches très fines et laissez mariner dans du jus de citron et un peu d’huile d’olive.

Il se consomme aussi cuit : poêlé, mais croquant, ou dans un plat de frites mystères, accompagné de frites de carotte, panais et de la classique pomme de terre.

Légumes de potage

Carotte, navet, poireau, oignon, pomme de terre, céleri branche… L’alliance parfaite pour un bon potage ! Réconfortant, sain et terriblement Français : tout est là pour déguster un bon repas. Ne lésinez pas sur les herbes aromatiques (laurier, thym, etc.) pour parfumer les légumes. Si vous mangez du poulet, gardez la carcasse et faites un bon bouillon avec tous ces légumes. À table !

Assortiment légumes d'automne pour cuisiner un potage
C’est varié, c’est coloré, c’est goûtu !

Après le repas, lorsque la température baisse avec le voile de la nuit, on n’aspire qu’à une chose : une bonne boisson chaude.

Des boissons chaudes pour se réchauffer

Thé et tisanes

Pour limiter son impact environnemental, l’ADEME conseille de diminuer sa consommation de produits « peu denses en calories ». Évidemment, le thé et les tisanes sont en première position ! Ils peuvent nécessiter beaucoup de ressources et d’espace, faire parfois des milliers de kilomètres pour… Zéro calorie. Mais ces boissons chaudes ont beaucoup d’autres bienfaits – au-delà du simple plaisir de coller nos mains froides contre le bol chaud et sentir les doux arômes végétaux…

Bref, pour limiter ma consommation de thé, j’ai préféré me diriger vers des infusions bien de chez nous. Verveine ou menthe par exemple, mais pourquoi pas aussi des plantes sauvages comestibles ?

Elles poussent où elles veulent, où elles peuvent, sans aucun apport supplémentaire par l’Homme. Quoi de plus écologique ?

Cueillir les plantes sauvages

Attention, faire sa récolte soit même ne se fait pas au hasard : une erreur peut avoir de lourdes conséquences.

Il faut donc absolument respecter quelques principes :

  • Veillez à ne pas déséquilibrer l’écosystème en cueillant trop de plantes à un même endroit. Répartissez plutôt votre cueillette : quelques feuilles par-ci, quelques feuilles par-là, en veillant à remercier Mère Nature pour ce don merveilleux ! De même, n’arrachez pas la racine mais prélevez seulement quelques feuilles par pied, respectueusement.
  • Surtout, ne prenez aucun risque. Moi-même, qui ne m’y connaît pas tellement, je me contente de cueillir des plantes hyper connues que je suis sure de reconnaître. N’essayez pas d’apprendre toutes les plantes sauvages d’un coup en prenant le risque de vous tromper et de tomber malade à la dégustation ! Apprenez-les plutôt une à une, en vous assurant de ne pas pouvoir les confondre avec d’autres. Commencez par des faciles, tout simplement pour vous habituer aux mécanismes de la cueillette sauvage.
  • Choisissez des coins éloignés des routes ou des champs aspergés de pesticides, car les feuilles accumulent tous les produits chimiques environnants.
  • Préférez les plantes en hauteur, au-delà de 20 cm du sol environ. Cela évite le risque de manger les toilettes d’un renard ou autre animal pouvant potentiellement transmettre des pathogènes.

Qu’est-ce qu’on cueille en automne ?

La plante la plus simple à reconnaître : l’ortie piquante. Si vous avez un doute, touchez la tige et vérifiez que ça pique… Je n’ai pas dit que la cueillette serait de tout repos !

L’ortie est drainante et a un effet positif sur les reins. Elle est également riche en fer et a des propriétés santé qui ne sont plus à démontrer.

feuilles orties à cueillir et cuisiner
Miam, des orties !

Cueillez les feuilles les plus petites et les plus tendres, tout en haut de l’ortie. Utilisez un gant, des ciseaux ou, pour les plus courageux, essayez de les cueillir en passant les doigts de la racine vers le sommet : cela aplati les pics et évite de se faire piquer.

En rentrant, laissez infuser dans une eau frémissante 5 mn puis laissez reposer 5 à 10 mn avec un couvercle. Ne jetez pas les feuilles, elles ont encore du goût : vous pouvez les cuisiner en pesto, avec de l’huile d’olive et des graines de tournesol, ou vous en servir pour donner du gout à une soupe, un smoothie, un cake ou encore intégrée à une poêlée.

feuilles pissenlit à cueillir et cuisiner

Au début de l’automne, il est encore possible de récolter des feuilles de pissenlit. Choisissez, là encore, les plus jeunes qui cette fois se trouvent au centre du bouquet, au plus près de la tige. Préparez votre tisane comme pour les orties et ne gâchez pas les feuilles ! Elles ont un goût plus prononcé et moins adapté à la réalisation d’un pesto, mais s’adapteront à merveille aux autres recettes proposées pour les feuilles d’orties.

Accompagnez votre tisane de quelques noisettes fraîches que vous aurez cueillies en chemin !

champignons  automne à cueillir et cuisiner

Quant aux champignons, tout comme les feuilles sauvages, ne prenez aucun risque et demandez confirmation à un connaisseur avant de consommer le résultat de vos ballades automnales.

Lait chaud végétal

Autre boisson chaude réconfortante : un bon lait chaud. Pour des considérations écologiques, il est conseillé de limiter sa consommation de produits animaux. Alors pourquoi ne pas tenter un lait végétal fait maison ? Cela vous permettra d’éviter l’emballage, mais également les additifs douteux.

Pour faire un lait de riz par exemple, cuisez du riz (profitez d’un repas pour en préparer une portion un peu plus grosse) et passez le au blender avec de l’eau (comptez environ 30 g de riz blanc pour 1 L d’eau). Filtrez la préparation obtenue – moi je le fais avec un ancien tee shirt en lin, propre. Ajoutez, selon vos goûts, une pincée de sel, une cuillère d’huile, de la cannelle ou encore du miel. Gardez l’okara, c’est-à-dire le résidu solide obtenu après la filtration, pour épaissir une soupe, faire des muffins ou des biscuits moelleux ou remplacer une partie de la farine dans un gâteau. Zéro gâchis je vous ai dit !  

Voilà pour les produits d’automne, qui vont progressivement arriver sur les étalages du marché et que vous saurez accueillir dignement ! Délectez-vous également de tous les autres produits que je n’ai pas détaillés mais qui sont indiqués dans le calendrier. Choisissez-les soigneusement, vérifiez la provenance, soyez raisonnables sur votre consommation de fruits venus de loin. Mais surtout, prenez du plaisir à les cuisiner et savourer.

J’espère que ça t’as donné envie de passer du temps derrière les fourneaux, et surtout de consommer de saison. Quelles sont tes recettes favorites ? Partage tes astuces de cuisine en commentaire !
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Images libres sur Pixabay :
Légumes d’automne par Sabrina Ripke
Chou fleur par RitaE
Soupe potiron par congerdesign
Légumes pour potage Lubos Houska     
Ortie par klimkin 
Pissenlit par Hans Braxmeier 
Boisson chaude par Melk Hagelslag

5 commentaires sur “Je mange durable en automne – recettes écologiques”

  1. Retour de ping : Pourquoi faire des ballades en forêt notre nouvelle priorité ? – On n'est pas des moutons

  2. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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