Zéro déchet : 20 bonnes résolutions pour commencer #2

Le début d’une nouvelle année est souvent l’occasion d’adopter de nouvelles habitudes. Pour respecter l’environnement en 2020, pourquoi ne pas passer au zéro déchet sereinement ? 
Vous avez déjà lu la première partie de cet article ? Vous avez mis en place les 10 premières résolutions zéro déchet ? Vous souhaitez aller plus loin dans votre démarche écologique ? 

Alors c’est parti pour 10 habitudes à mettre en place pour un mode de vie zéro déchet ! 

11. Cuisiner un peu plus chaque jour

La cuisine est certainement la pièce de la maison remplissant le plus nos poubelles au quotidien. Il n’y a qu’à observer les caddies au supermarché, pleins d’emballages plastiques sous toutes les formes.
Ça ne s’arrête pas là. À la maison, chaque Français gâchent 30 kilos de nourriture chaque année. Viande avariée, légumes abîmés, épluchures considérées immangeables et même des plats préparés encore emballés (7 kg par personne et par an) (1). 

Ces plats préparés d’ailleurs sont responsables de tellement de déchets ! Non seulement ils sont issus d’une production industrielle polluante et souvent irrespectueuse (de notre santé, des produits, des travailleurs, de l’environnement). Mais en plus, ils finissent sur-emballés : une barquette plastique, entourée d’un carton décoratif, parfois additionné d’un film plastique ou accompagné de couverts en plastique et d’un flacon de sauce. On marche sur la tête.

Si vous êtes adeptes des plats tout préparés – par manque de temps ou par simplicité souvent – je vous suggère de vous lancer le défi de cuisiner un peu plus. Internet regorge de recettes faciles et rapides, pour se mettre à la cuisine. Offrez-vous ce temps de détente, faites du bien à votre corps autant qu’à l’environnement. 

Organisez-vous si nécessaire : cuisinez de plus grandes quantités le week-end pour assurer la semaine. Cela s’appelle le batch cooking. Proposez à vos collègues de faire des rotations en cuisine : Albert cuisine pour tout le monde le lundi, Simone le mardi, Marcel le mercredi, etc. 

Plat cuisiné et fait maison

L’organisation est l’un des conseils clé pour limiter le gaspillage alimentaire
Au moment de faire les courses, favorisez le marché pour acheter vos fruits et légumes. Préférez les produits frais et bruts, qui s’avèrent être moins -voire pas – emballés. 

Les plus courageux pourront même abandonner les boîtes de conserve et produits surgelés ! Consommez uniquement de saison en vous habituant à suivre les rythmes de la nature. Vous pouvez également utiliser la lacto-fermentation pour conserver vos légumes plusieurs mois. 

En résumé :

  • Organisez-vous pour moins jeter de nourriture ;
  • Prenez le temps de cuisiner un peu plus chaque jour ;
  • Achetez des produits bruts, au marché de préférence ;
  • Apprenez à conserver vos aliments.

Alors, vous osez relever le défi ?

12. Acheter en vrac

Symbole de la démarche zéro déchet, les néophytes pensent souvent (à tort !) qu’acheter vrac équivaut à être zéro déchet. Sacs à vrac, bocaux et autres récipients réutilisables sont devenus les emblèmes de la démarche zéro waste. Faire ses courses en vrac est en effet un levier efficace pour réduire d’avantage les déchets de la cuisine. Mais, comme vous le constatez dans cet article et le précédent sur les résolutions zéro déchet, il y a bien d’autres habitudes zéro déchet à adopter 

Cet éco geste n’est pas immédiatement accessible à tous. Les courses en vrac demandent de l’organisation pour avoir ses contenants réutilisables sur soit au moment des courses, nécessitent d’avoir accès à un magasin vrac, d’avoir les moyens financiers lorsque les prix sont gonflés par la tendance écolo… Bref, pour moi, ce n’est pas forcément la meilleure porte d’entrée.

Alors, seulement lorsque vous vous sentez prêt.e, cherchez un magasin vrac (sur Consovrac par exemple) et remplissez vos placards sans remplir votre poubelle.

Magasin vrac

Pour cela, vous n’avez pas besoin de matériel de pointe. Vous pouvez tout simplement valorisez d’anciens bocaux de sauce tomate ou cornichon. Certaines boutiques, comme les Day by Day, vous permettent d’apporter vos bocaux et/ou d’en récupérer gratuitement sur place. Quant aux sacs en tissus, mettez à profit vos talents de couturier.e (ou ceux de votre entourage) pour avoir de jolis sacs durables, à moindre coût. Transformez des tissus recyclés, cela vous reviendra encore moins cher ! 

Sachez que l’alimentaire n’est pas le seul produit disponible en vrac. Vous pouvez également vous approvisionner en cosmétiques et produits ménagers en vrac, voire en ingrédients pour les confectionner vous-même

13. Réutiliser dès que possible

Réutiliser un maximum demande une pointe d’imagination, une touche de créativité, un soupçon de courage pour oser passer à l’acte… et une bonne connexion pour s’inspirer sur Internet.

L’objectif est de s’évertuer à réutiliser, à valoriser à son plus haut potentiel, chaque chose que vous vous apprêtez à jeter.  Ce n’est certes pas toujours possible, mais vous seriez surpris des possibilités qui s’offrent à vous !

Le marc de café et les feuilles de thé se transforment en gommage, l’eau de cuisson des légumes se converti en bouillon vitaminé et les boîtes de conserves en luminaires.
Autre exemple : de nombreuses épluchures peuvent en fait être cuisinées, alors ne les jetez plus et transformez-les 😉 (recettes ici et ici)
Les adeptes du DIY trouveront des idées sur Pinterest, des livres de créativité ou directement sur Internet. 

Si vous ne savez pas réutiliser vous-même, pensez à donner à Emmaüs, Recyclivre ou une ressourcerie. Meubles cassés, livres abîmés ou vêtements démodés y trouveront une seconde vie

14. Acheter une gourde

25 millions de bouteilles plastique sont utilisées chaque jour en France. Pour chaque bouteille, 1/10e de son volume est utilisé en pétrole pour sa fabrication (4). Trop peu de bouteilles sont triées et recyclées, une réutilisation qui ne peut d’ailleurs pas être faites à l’infini. Il faut donc constamment utiliser plus de matières premières, plus de pétrole pour fabriquer les bouteilles plastiques. 

Tous ces déchets, tous ces désastres peuvent être évités grâce à un simple objet : la gourde réutilisable. 
Cette bouteille zéro déchet peut paraître coûteuse au premier abord (comptez 20 à 40 € en moyenne), mais votre achat sera vite rentabilisé car vous n’aurez plus à acheter d’eau minérale (qui est dix fois plus chère…). Si vous ne savez pas comment choisir votre alliée durable, suivez mes 5 conseils pour choisir une gourde réutilisable

Ma gourde en inox, zéro déchet et durable
Ma gourde en inox, zéro déchet et durable

Peur de boire l’eau du robinet ? En France nous avons la chance d’avoir un bon réseau d’assainissement et de l’eau potable très peu coûteuse à tous les coins de rue. Alors profitons-en !
Apprenez à apprécier l’eau du robinet à sa juste valeur. Si vous avez peur qu’elle ait un goût différent de l’eau en bouteille, laissez-la reposer au réfrigérateur une petite heure avant de la consommer. Vous pouvez également purifier l’eau naturellement : billes en céramique, argile et charbon actifs seront vos alliés.  

15. Passer au réutilisable

Actuellement, de nombreux objets du quotidien sont jetables. Sopalin, mouchoirs, éponges, film étirable sont autant de déchets qui pourraient être évités. 
Alors on fait quoi quand on est zéro déchet ? On investi dans du réutilisable, du durable. 

  • Les sopalins et mouchoirs sont convertis par leurs homologues en tissus ; 
  • Les éponges jetables peuvent être remplacées par des tawashis (éponges tissées en chaussettes ou tee shirts recyclées), des éponges en tissus, des brosses à vaisselle… ou simplement un gant de toilette qu’on n’utilise plus ;
  • Les cotons démaquillants jetables sont abandonnés en faveur de carrés en tissus ;
  • Le film étirable pour emballer les restes disparaît pour être remplacé par des bee wraps (tissu enduit de cire d’abeille, le rendant imperméable et collant sur les plats) ou des charlottes à plats ;
  • Le papier cuisson peut être oublié, il suffit de mettre un peu d’huile et parfois de farine pour éviter que les aliments ne collent ;
  • Etc.

Si vous vous demandez si laver une lingette est vraiment plus écologique qu’acheter son équivalent jetable, je vous rassure : oui et mille fois oui ! Le lavable est plus écologique car il évite l’extraction de matières premières, les rejets de produits chimiques dans le milieu naturel ou encore l’utilisation d’eau dans les cultures assoiffées de coton. En fait, la plupart des produits du quotidien polluent majoritairement lors de leur phase de production. Qu’ils soient jetables ou réutilisables, la fabrication a plus d’impacts néfastes. Conclusion : la durée de vie, moins émettrice de gaz et moins consommatrice de ressources, doit être prolongée. (2)(3)

En bref, soyez créatifs pour trouver des alternatives à tous les emballages jetables du quotidien !

16. Utiliser un rasoir réutilisable

Pour les personnes qui choisissent de se raser, hommes comme femmes, le rasoir de sécurité permet de dire adieu aux rasoirs jetables

Ces rasoirs zéro déchet coupent mieux, en toute sécurité. Ils sont aussi plus esthétiques et bien plus rentables au long terme. Comptez 20 à 50 € à l’achat pour ne plus jamais avoir à jeter de rasoir en plastique. 

Rasoir zéro déchet

Que vous deviez tailler votre barbe, raser vos aisselles, vos jambes ou vos parties intimes, pas d’inquiétude. Un rasoir de sécurité remplira exactement la même fonction que vos anciens rasoirs jetables. Il faudra simplement reprendre le coup de main : la différence de poids peut vous déstabiliser lors des premières utilisations.

17. Vivre ses règles zéro déchet

Une femme utilise 10 000 à 15 000 protections menstruelles dans sa vie. Chaque seconde, près de 1 500 produits menstruels sont jetés. Le coton utilisé pour leur fabrication est gourmand en eau et souvent aspergé de pesticides. Le processus de fabrication des tampons et serviettes jetables implique des produits chlorés et agents blanchissants qui sont rejetés dans le milieu naturel, bien qu’ils soient dangereux pour la biodiversité.

Sans penser à l’environnement, pensez simplement à vous et votre santé. Les tampons et serviettes conventionnels contiennent : plastique, colle, aluminium, hydrocarbures, alcools, additifs de parfum, résidus de dioxine, cristaux de polyacrylate de sodium (effet absorbant) et même des pesticides (résidus de la production du coton). Souhaitez-vous vraiment approcher ces produits chimiques de votre muqueuse vaginale, sensible et poreuse ?

Vous l’avez compris, si vous êtes menstrué.e.s, vous pouvez chaque mois faire le choix de protéger votre santé et notre planète. 

Protection menstruelle lavable zéro déchet

Heureusement, il existe de plus en plus d’alternatives saines, réutilisables et zéro déchet. La cup menstruelle, les serviettes lavables et les culottes de règles règnent comme les solutions les plus appréciées.

Retrouvez tous les conseils d’utilisation et d’achat dans ce guide très complet, réalisé par l’association Zéro Déchet Troyes. 

18. Rendre à la terre les déchets organiques

Les bio-déchets remplissent presque 30 % du volume de nos poubelles (5).  Aujourd’hui, les déchets ménagers sont majoritairement incinérés ou enfouis. Or, brûler des épluchures de légumes c’est brûler de l’eau, en grande partie du moins. Et enfouir ces mêmes bio-déchets émet des gaz à effet de serre. 

Quel dommage quand on sait que ces restes végétaux sont une bombe de nutriments ! Compostés, ils permettent de nourrir le sol sans avoir à produire des fertilisants industriels. Plusieurs méthodes de compost existent, adaptables à son mode de vie :

Compost, valorisation bio déchets

Le plus simple est certainement de trouver un composteur public à proximité de chez vous. Renseignez-vous auprès de votre mairie, des parcs de votre quartier ou de votre immeuble, le cas échéant.

Si vous avez un jardin, envisagez de composter directement vos bio-déchets sur place. Il est indispensable d’aérer correctement votre compost pour éviter de produire du méthane !

Si vous avez un plus petit espace, vous préférerez sûrement un lombricomposteur. Solution compacte car les petits vers qui s’y trouvent grignotent les déchets organiques que vous leur offrez. Jour après jour, le volume de déchets n’augmente que très peu tandis qu’un substrat nutritif s’accumule. 

Le bokashi est également une solution asiatique peu encombrante. Chaque couche de matière organique doit être recouverte d’une sorte de sciure végétale, additionnée de bactéries. Cette communauté microscopique grignote les déchets, tout comme les vers. Avec le bokashi, aucun risque d’émissions de gaz à effet de serre. De plus, d’avantage de déchets peuvent être valorisés car les restes de viande, poisson et légumes cuits sont également transformés en engrais. Seul point noir : la fibre abritant la communauté bactérienne doit être achetée. (À Bordeaux, Toulouse et Lille, Récup’ est une association qui propose de mettre à disposition un bokashi pour valoriser vos déchets organiques).

19. Faire le tri chez soi

Moins de biens équivaut à moins d’entretien, moins d’achat, moins de produits ménagers spécifiques, moins de prise de tête, et surtout, moins d’inutile ! Or, le zero waste, c’est aussi ça : bannir l’inutile, le gaspillage. Le minimalisme est un courant en vogue et dans la lignée du zéro déchet.

Cette démarche de simplification permet d’alléger son esprit. Lorsqu’on possède moins, on a moins à perdre. On se contente de l’essentiel et on perds moins de temps à chercher, ranger, choisir, dépoussiérer… 

Appartement minimaliste

Pour trier son intérieur, il faut prendre chaque objet et se poser quelques questions : Cet objet me procure-t-il de la joie ? M’est-il utile régulièrement ? Quand est-ce que je l’ai utilisé pour la dernière fois ? Est-il redondant avec un autre objet que je possède ? L’objectif de ce cheminement frugal est de ne garder que l’essentiel. Les possessions indispensables incluent celles qui nous apportent de la joie, de la motivation ou qui incarnent des souvenirs puissants et positifs. 

À travers ce cheminement de tri, on est amené à refuser les possessions inutiles que la société a rendu indispensables. La dizaine (voire centaine !) de produits ménagers, les vêtements de toutes formes et couleurs, les « au cas où », les souvenirs de notre passé, les cadeaux dont on n’osent se débarrasser… Tendre vers le minimalisme demande de prendre un peu de temps pour trier et faire des choix.

Lorsque vous vous débarrassez d’objets, essayez de les vendre ou de les donner (associations, hôpitaux, Emmaüs, ressourceries, etc.).

20. Propager les valeurs du zéro déchet 

Je ne le dirais jamais assez. La démarche zéro déchet, tout comme la démarche écolo, n’est pas efficace si vous vous flagellez sur les détails qu’il vous reste à améliorer, tout en agissant dans votre coin.

Lorsque vous avez amorcé votre changement écologique, votre rôle est de répandre largement le message d’urgence environnementale.

Partager valeurs écologiques

Montrez à votre entourage que vous appréciez mettre en place ces astuces zéro déchets, expliquez à votre famille ce que vous y gagnez. Non seulement vous améliorez votre santé, faites des économies, agissez pour votre bien-être, mais en plus vous accomplissez une bonne action en protégeant la planète et sa biodiversité. Inspirez vos amis, suscitez des vocations, semez des graines et diffusez vos valeurs.

Le monde a besoin de ça. 

Je peux comptez sur vous ? 😉

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Sources 

(1) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/alimentation/eviter-gaspillage-alimentaire 
(2) https://www.manamani.com/lavable-vs-jetable/
(3) https://ecosystem-analytics.com/wp-content/uploads/2013/10/Complete-LCA-Facial-Tissue-Handkerchief.pdf
(4) https://www.fne.asso.fr/actualites/labsurdité-des-bouteilles-deau-en-plastique-résumée-en-une-infographie
(5) https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/infographie-que-contient-notre-poubelle.pdf 

Images libres sur Pixabay et google

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