Les 12 principes de permaculture appliqués à la communication (2/2)

La communication permacole : ma nouvelle vision du marketing

Les 12 principes de la permaculture appliqués au marketing, pour définir une stratégie de communication écolo, éthique… Et incroyablement efficace ! Mais attention, on va loin, c’est un véritable guide de marketing responsable. Donc… Cet article est en deux parties.

Pour lire les 6 premiers principes de la com’ écologique, RDV ici !

7. Concevoir en partant des grandes structures, jusqu’aux détails : la base pour élaborer une stratégie de marketing efficace

Dans trop de détails, on se perd !

L’accumulation de détails a tendance à brouiller notre compréhension. Ça doit vous arriver parfois : ce besoin pressant de prendre une feuille blanche et schématiser, en 3 ou 4 ronds et quelques flèches. Simplifier la réalité, pour mieux la naviguer.

Nous avons oublié ce principe de permaculture à force d’être exposés à la complexité des sociétés modernes et la surinformation. Résultat : nous nous perdons dans les détails. Nous concevons des stratégies ou systèmes extrêmement complexes et peu efficaces, à cause de redondances, de croisements, de détours… L’administration française quoi !

Pourtant, un conseil élémentaire permet de concevoir des stratégies fiables et viables : partir des grands éléments, puis ajouter les détails.

En permaculture, on commence par exemple par faire un plan du terrain, qu’on découpe par zones. De l’habitation, secteur le plus occupé, à la zone sauvage, ne demandant pas d’intervention humaine. Puis on place les gros éléments du terrain ou les contraintes : rochers, arbres, direction des vents, etc. Enfin, on dessine les installations du potager, de plus en plus détaillées : parcelles, mandalas, jusqu’aux sentiers.

Comment appliquer ce principe à la communication digitale ?

Identifier les 4 grandes structures du marketing

On commence par revenir aux bases, aux 4 éléments du marketing : un émetteur, un message, un récepteur, un canal de transfert. Point barre.

Après avoir défini les objectifs de notre communication (principe 3 : Obtenir une production), on précise donc ces éléments clés.

  • L’émetteur : nous, l’entreprise. Quelles sont mes ressources ? Les objectifs de cette communication ? Qu’est-ce qui me plait et m’attire, aussi ? Quelle est ma personnalité, à mettre en avant pour transmettre le message ?
  • Le récepteur : l’audience cible, la clientèle idéale. Quels sont ses besoins ? Ses rêves, ses envies ? Ses goûts ? Comment se forme-t-elle en ligne ?
  • Le message : l’essence de ce que vous avez à dire, ce que votre audience doit retenir de vos échanges. Sur quelle thématique je veux être une référence ? Quelle vision mon entreprise défend-elle ? Que puis-je dire à mon audience pour l’aider, tout en avançant vers mon objectif business ?

Vous remarquerez que toutes ces réponses sont obtenues dans le principe 1 : Observer et interagir ! (RDV dans la 1e partie de cet article, si vous ne l’avez pas encore lu).

Ensuite, on choisit un ou des canaux de diffusion. Encore une fois, en commençant par les grands éléments. Je recommande d’avoir :

  • un canal de contenus longs (blog, podcast ou chaine YouTube par exemple) ;
  • un réseau social (Instagram, Facebook ou LinkedIn par exemple) ;
  • une newsletter (pour créer davantage de proximité avec l’audience, et une résilience puisque la liste mail vous appartient).  

Choisissez vos canaux grâce à la définition des 3 éléments précédents : ce qui vous plait, ce que vous voulez transmettre et là où se trouve votre clientèle idéale.

Vous avez bien en tête votre big picture ?

Puis ajouter les détails de notre stratégie de communication écolo

Alors, poursuivez en détaillant les liens entre ces différents éléments, à travers le parcours client. De la première fois qu’une personne vous découvre à sa fidélisation, que se passe-t-il ? Dessinez les différentes possibilités, mettez en lumière les prochaines étapes vers lesquelles mener votre audience.

Par exemple, sur Instagram, votre objectif sera certainement de l’inviter à vous envoyer un message privé (créer du lien) ou de visiter votre site (prouver votre expertise dans les articles). Sur le blog, vous voudrez diriger chaque personne vers l’inscription à votre newsletter. Dans vos mails, vous guiderez les lecteurs et lectrices vers la page de vente de vos offres.

Dessinez les chemins entre vos grands éléments. De la maison, au potager, au puits…

Vous y êtes ?

Alors, seulement, pensez aux détails. Quels contenus vais-je créer ? Sur quel sujet et sous quels formats ? À quelle fréquence ? Etc.

8. Intégrer au lieu de séparer : des écosystèmes riches en interconnexions, dans la terre comme sur le web

Je viens de vous dire de bien identifier les éléments d’un système… Maintenant, il est temps de clarifier les relations entre eux !

Relations et vision de la permaculture

En permaculture, on cherche à accueillir une multitude d’espèces sur le terrain. Elles créent un réseau de relations complexe, d’entraide, de régulation, de recyclage des déchets des autres, etc. Cette organisation offre flexibilité et longévité au système.

  • Chaque élément remplit plusieurs fonctions : par exemple, l’arbre procure de l’ombre à des parcelles, puise l’eau profondément dans le sol grâce à ses racines, décompacte la terre et abrite de nombreuses espèces.
  • Chaque fonction importante est assurée par plusieurs éléments : par exemple, on s’approvisionne en eau avec le puits dans le jardin, mais aussi un système de collecte des eaux de pluie, d’épuration par les plantes et une connexion au réseau public au cas où.

La création d’un écosystème web résilient et efficace

En communication écolo, on va reproduire ce modèle.

  • Créer un écosystème web avec plusieurs canaux, pour gagner en résilience.
  • Identifier les relations entre ces canaux, afin de les fluidifier et les clarifier pour l’audience.

Assurez-vous que chaque fonction importante soit assurée par plusieurs canaux.

  • Trafic. Grâce au SEO, aux hashtags sur les réseaux sociaux, à des articles invités, des partenariats avec d’autres entreprises, des événements, des prises de contact directes, etc. Et la publicité, en cas de gros coup dur.
  • Création de lien. Grâce aux contenus longs, contenus courts, messages privés, story, événements, newsletter, etc.
  • Conversion. Grâce aux pages de vente, aux messages privés, aux recommandations, à de l’affiliation, aux mails, etc.

Évidement, vous aller densifier votre écosystème avec le temps. Ne faites pas tout d’un coup ! Comme pour la biodiversité d’un jardin : il faut laisser le temps aux espèces de s’installer progressivement et de stabiliser l’écosystème.

Et la concurrence ?

Un dernier mot sur les relations : certaines peuvent être concurrentielles (c’est le cas dans un jardin, quand on se dispute les cerises avec les oiseaux). Pourtant, c’est en allant vers des liens coopératifs qu’on crée un système efficace et résilient (laissez quelques cerises aux oiseaux, qui vont débarrasseront de nombreux insectes et parasites).

En business, c’est pareil. En étant plusieurs sur votre niche (aucun rapport avec les oiseaux cette fois, malgré les apparences), vous vous rendrez de nombreux services.

  • Éduquer conjointement l’audience cible à votre thématique.
  • Vous partager la clientèle, vous assurant de servir des personnes vraiment en accord avec vos valeurs (sinon, elles vont chez la voisine !).
  • Pourquoi pas aller plus loin en partageant votre veille, en organisant des événements conjointement, etc.

Bref : faites connaissance avec les entreprises « concurrentes » et voyez comment bénéficier d’une relation plus positive !

9. Utiliser des solutions lentes et à petite échelle, l’indispensable pensée long-terme pour développer son entreprise

Jouer long terme

On ne récolte pas immédiatement… Mais, sur le long terme, on récoltera beaucoup ! C’est grâce à cette vision que les jardiniers plantent des arbres, précieux pour leur potager (et leur garde-manger !).

Appliquez ce célèbre adage à votre communication : « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant. »

Version marketing digital écolo, cela donne : « Le meilleur moment pour [publier un long article SEO/ lancer sa newsletter/insérez toute autre idée pour le long terme], c’est maintenant ! »

Oui, ça demande un peu d’autodiscipline pour faire une action compliquée, qui ne nous servira pas dans l’immédiat… Mais le long terme vous récompensera !

Bientôt, vous aurez un trafic régulier et sans effort grâce à tous vos articles SEO, vos podcasts de grande qualité. Bientôt, vous vendrez sans peine grâce à la relation de confiance nouée avec votre audience par e-mail.

En permaculture, on sème des plantes vivaces plutôt qu’annuelles. Ainsi, on ne replante pas chaque année et on gagne du temps au fil des années. En communication…

  • On crée des contenus longs, accessibles longtemps grâce aux moteurs de recherche : SEO, podcast, vidéos, etc.
  • On soigne sa relation avec son audience.
  • On l’aide généreusement, ce qui permet d’obtenir des recommandations.
  • On perd moins de temps avec les contenus éphémères des réseaux sociaux (on ne les crée pas aux dépens des contenus permanents en tout cas).

Alors, chaque vente, chaque centaine de personnes en plus sur sa liste mails représente beaucoup moins d’efforts.

En permaculture comme en communication responsable, on crée un écosystème qui demande de moins en moins de travail pour le même résultat (ou plus !).

Jouez sur le long terme. Plantez des arbres.

Se concentrer sur la petite échelle

Tout ça, on le fait à petite échelle : on se concentre sur sa clientèle cible, sa niche. Tout comme le jardinier se concentre sur son propre potager, et c’est tout. Inutile de voir trop gros, de vouloir toucher tout le monde ! Au contraire, cela serait une perte de temps et d’énergie.

Touchez moins de personnes, mais touchez-les avec intensité, créez une relation solide avec elles.

10. Se servir de la diversité et la valoriser : une communication inclusive et accessible, c’est plus éthique !

On a déjà parlé de l’importance de créer un écosystème web varié : plusieurs sources de trafic, de conversion, de création de lien, etc.

Ici, on va donc parler d’une autre diversité.

En permaculture, on accueille toutes les espèces. On voit leurs qualités, leurs bénéfices pour l’écosystème.

Sur le web aussi, il existe une multitude de belles plantes ! Mais toutes ne sont pas accueillies de la même manière.

Et si on y remédiait ?

  • Favorisez les formulations inclusives pour les hommes, femmes et tous les genres ! Il n’est pas indispensable d’utiliser le point médian, au contraire. Le meilleur conseil : utilisez des mots neutres (« clientèle » au lieu de « client », par exemple).
  • Travaillez l’accessibilité de vos contenus. Rendez-les consommables par des personnes atteintes de handicap visuel ou auditif, en particulier. Cela passe par le sous-titrage des vidéos, la transcription des podcasts, l’ajout de « balise alt » à vos images (une courte description, lue par les logiciels pour personnes malvoyantes), etc.

11. Utiliser les bordures et valoriser la marge, ça s’adapte aussi à la communication écologique ?

Utiliser les bordures et valoriser la marge, ça s’adapte aussi au marketing éthique ? Oui, aussi !

En permaculture, les bordures sont considérées comme plus productives. En effet, ce milieu particulier bénéficie des avantages des deux milieux. Une bordure de forêt aura la fraicheur et l’humidité du sous-bois et le soleil de la plaine. Un bord de mur profitera de la chaleur de la pierre et de la terre riche du jardin.

Bon, soit. Et en marketing digital ?

L’idée est de se confronter à d’autres visions, d’autres personnes. Échangez non seulement avec votre audience et les entreprises de votre secteur, mais aussi avec des personnes d’un autre avis, d’un autre marché. Glanez les retours d’entrepreneurs et entrepreneuses sur d’autres médias que les vôtres. Bref : ouvrez-vous à une infinité de possibilités ! C’est extrêmement pertinent pour remettre en cause ses croyances, affiner sa vision, identifier les particularités de sa personnalité, etc.

Une autre bordure à valoriser est le contact entre plusieurs sujets très différents. Sans mon intérêt pour la permaculture, je n’aurais pas rédigé cet article ! Rapprochez donc vos passions pour créer des contenus qui sortent du lot : des idées de sujets originales, une approche différente pour vulgariser, des images plus mémorables, etc.

12. Utiliser le changement de manière créative : la résilience de tout système

Changements d’algorithme, nouvelle fonctionnalité Instagram, nouveau réseau social à la mode, arrivée d’une nouvelle entreprise de référence sur votre marché… Le changement est constant.

Ce douzième principe a deux facettes.

  • D’un côté, concevoir et avancer en anticipant le changement, en l’incluant volontairement.
  • De l’autre, réagir avec créativité aux changements qui arrivent.

Perte de visibilité sur un réseau social ? Changement d’offre ? Mauvaise pub ? Vous pouvez anticiper tout ça (et bien plus !) dès maintenant. Vous pouvez vous demander comment y faire face, créer une stratégie de communication résiliente face à ces risques, préparer des « plans d’urgence » éventuellement. Vous pouvez même créer le changement volontairement, pour vous dépasser continuellement et expérimenter d’autres manières de communiquer.

Mais on ne peut pas tout prévoir… Alors, lorsque le changement survient, accueillez-le. Acceptez ce qui est et faites appel à votre créativité pour rebondir !

Voilà, nous avons appliqué les 12 principes de permaculture à la communication digitale ! J’ai adoré cet exercice :  je trouve qu’on en tire des conseils précieux, qu’on prend du recul sur les stratégies et conseils qu’on voit partout.

Alors, vous pensez quoi de cette analogie ? La communication responsable vous semble-t-elle plus palpable maintenant ? RDV en commentaires !

PS : Cet article est suffisamment long. Je vous prépare donc un autre contenu pour synthétiser tous ces conseils et les remettre dans un ordre applicable !

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